Manonette chez les Helvètes, 1ère partie

Publié le par Laelia

Voici donc le récit (tant attendu avec une impatience non contenue) des périgrination de votre serviteurE chez nos amis à l'accent lent faiseurs de fromages et de chocolat.

Le concours étant le mardi 28 avril, j'ai pris rendez-vous le lundi avec la très gentille Ave Sikk, une pianiste qui, comme je m'y attendais, a les cheveux blonds, roule les "r" (et accompagne très très bien). En plus, comme j'avais décidé d'avoir de la chance, mon amie Orianne est à Genève et m'a gentiment hébergée chez elle pour ces deux jours.
Mon amie Clémence étant convoquée à la même heure que moi pour cause de nom de famille, nous nous sommes retrouvées dans la seule salle de chauffe proposée par le conservatoire pour environ 30 candidats (les 30 autres passaient le lendemain). Une fois changées et chauffées, il fallait attendre que le directeur (himself) vienne chercher la pauvre chanteuse stressée, nous avons donc eu tout le loisir de rencontrer nos concurrentes, ce qui nous a permis de comprendre les rumeurs infondées selon lesquelles certaines soprano auraient un ego surdimensionné (du genre "j'espère que c'est un piano à queue dans la salle, parce qu'il faut quand même qu'on l'entende !"). Ouiiii...

Bref à l'instant crucial, le directeur m'ouvre, et j'entre dans une très jolie salle de concert, dans laquelle les jurés sont placés de manière très informelle, ce qui est très gentil pour nous.
Une fois sur la scène (très haute, la scène), je chante mon premier air, surprise par l'attention et les sourires du jury, et surtout par l'accoustique très porteuse de la salle !
Comme on n'avait cessé de me répéter qu'en concours il était très rare de chanter tout son programme, je ne m'atendais pas du tout à ce que le jury me demande mes trois airs. Je pensais ne pas avoir trop mal chanté, mais sans plus. Et puis il y a eu les questions. D'abord une question sur ma lettre de motivation (si j'avais su qu'ils les lisaient), pourquoi je disais ne pas pouvoir présenter un Conservatoire Supérieur en France. Ben parce qu'ils cherchent des gens prêts, à qui ils n'auront presque rien à apprendre, voyons !
Ensuite ils me demandent si j'ai toujours l'intention de passer Lausanne, si le concours est déjà passé et ce que je préfère. J'ai eu un peu envie de dire que c'était eux qui choisissaient, mais bon...
Ils m'ont enfin libérée, très contente, Clémence a chanté à son tour, elle aussi ses trois airs, et puis nous passâmes notre stress sur les produits les plus gras et chocolatés du Starbucks local.
De retour à Lyon il fallait attendre le lendemain soir pour avoir les résultats. Malheureusement ils ont été affichés tard, ce qui a fait que je ne les ai eus que le lendemain. Et ce fut une victoire mitigée ! Admissible, je pouvais donc dire avoir le niveau, et passer Lausanne, sans regret pour mon départ à Berlin (ne vous inquiétez pas mes chers lecteurs, Clémence a elle été admise au site de Neuchâtel).
Ravie de mon résultat, je peux donc désormais envisager (avec horreur), de passer le concours de Lausanne. Je dis avec horreur parce que le programme est très lourd : une demie-heure de programme, soit neuf airs, et une récitation, et le passage dure environs 15-20 minutes.
Le concours est donc mardi prochain, mais je vais évidemment arriver avec Clémence la veille, il faut se payer l'auberge de jeunesse (non parce que l'hôtel, je sais pas si c'est pour les Suisse ou juste que les gens qui voyagent en Suisse sont tous riches, mais faut pas compter dessus), et en prime rester le soir du concours, parce que si jamais on est admis, on est bon pour un petit entretien le soir-même, à partir de 20h !

Voilà où j'en suis pour le moment, la suite après Lausanne.
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Publié dans Musique

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